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    🗃️ Fiche de la série – From

    Cliquez pour voir la fiche

     

    • Réalisation / production : Jack Bender, Brad Turner, Jennifer Liao, Jeff Renfroe et Alexandra La Roche. Produit par Midnight Radio, Gozie AGBO, MGM Television et MGM+ Studios.
    • Scénario : John Griffin (créateur), Javier Grillo-Marxuach, Vivian Lee et Jeff Pinkner.
    • Casting principal : Harold Perrineau (Boyd Stevens), Catalina Sandino Moreno (Tabitha Matthews), Eion Bailey (Jim Matthews), Elizabeth Saunders (Donna Raines), Scott McCord (Victor), Hannah Cheramy (Julie Matthews), Simon Webster (Ethan Matthews), David Alpay (Jade Herrera), Julia Doyle (Sophia / L’homme en jaune).
    • Format : 10 épisodes par saison, durée de 45 à 55 minutes.
    • Langues : Anglais (VO), Français (VF).
    • Diffusion : Paramount+ (France), MGM+ (États-Unis).
    • Budget : Information non mentionnée dans la source.

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    5/10
    5/10
    5/10
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    Le piège se referme sur nous

    L’attente entre les saisons de From est devenue une forme de torture psychologique presque aussi raffinée que celle subie par les captifs de cette enclave maudite. En trois saisons, la série s’est imposée comme l’héritière la plus sombre du syndrome de la « Mystery Box », capturant le spectateur dans une topographie cauchemardesque où la claustrophobie n’est plus seulement spatiale, mais mentale. Ce début de quatrième saison marque un climax émotionnel sans précédent : le récit ne se contente plus de diluer ses réponses, il orchestre une décomposition méthodique de ses protagonistes. From n’est plus une simple série de survie ; c’est une étude clinique sur l’épuisement des âmes face à l’inconnu, là où chaque nouveau mystère agit comme un barreau supplémentaire à notre propre prison de spectateur.

    Le sacrifice de Jim : une rupture émotionnelle brutale

    L’exécution de Jim Matthews dès le premier épisode fonctionne comme un pivot tragique, décapitant la structure familiale originelle pour laisser place à une horreur plus atomisée. Retrouvé dans une grange, pendu par les pieds dans une mise en scène macabre, Jim laisse derrière lui une Tabitha dévastée et un Ethan basculant dans une révolte viscérale. Près du corps, l’inscription « La connaissance a un prix » grave dans le marbre le dogme de la série : ici, l’investigation est un péché mortel. Cette disparition brise la cohésion du groupe et rappelle que dans ce microcosme en déliquescence, personne n’est à l’abri, pas même les piliers du récit. Le prix payé par Jim est celui de la vérité, une monnaie qui ne circule que dans le sang.

    L’infiltration de l’Homme en Jaune : la paranoïa au grand jour

    La révélation entourant le personnage de Sophia constitue un changement de paradigme horrifique majeur. En empruntant les traits d’une naufragée innocente pour s’introduire au cœur de la ville et assassiner son « père » pasteur, l’Homme en Jaune prouve qu’il n’est plus seulement une présence lointaine ou un prédateur nocturne. Il devient un agent provocateur psychologique. Cette mutation de la menace est terrifiante : l’entité ne mise plus sur la force brute des créatures, mais sur la discorde interne. Comme il le souligne lui-même, il savoure désormais de voir les habitants « s’entretuer ». La paranoïa, moteur narratif puissant qui rappelle les meilleures heures de The Thing, transforme chaque voisin en suspect potentiel, rendant les talismans dérisoires face à une trahison venue de l’intérieur.

    L’horreur viscérale : le nouveau-né de Fatima

    L’accouchement de Fatima porte l’horreur à un niveau de malaise presque insoutenable, touchant à une mythologie de la perversion organique. La créature qui en résulte n’est pas une inconnue : c’est le monstre au sourire béat, celui-là même que Boyd pensait avoir définitivement éliminé. Cette naissance révèle l’origine impie des monstres : un pacte passé par les anciens habitants de la ville avec une entité obscure pour obtenir l’immortalité, les condamnant à une existence de prédateurs éternels. Pour le Shérif, la résurrection de son ennemi personnel est un coup de grâce psychologique.

    « Boyd est encore sous le choc d’avoir revu le monstre au sourire béat qu’il avait réussi à tuer. »

    Ce retour souligne l’invincibilité apparente du mal qui ronge la ville, transformant l’espoir de Boyd en un vestige pathétique.

    Julie et les “visiteurs d’histoires” : une mythologie qui s’étend

    Les capacités de voyage temporel de Julie Matthews complexifient la narration en introduisant des éléments de boucle temporelle. Projetée dans le passé le jour de l’arrivée de sa propre famille, Julie manque d’être dévorée avant que Randall ne parvienne à la ramener in extremis dans le présent. Cette capacité à « visiter les histoires », terme emprunté aux livres d’Ethan, suggère que les événements de la ville sont peut-être déjà écrits ou cycliques. La quête de Julie pour retrouver les livres de son frère dans les décombres de leur ancienne maison, aidée par Randall, lie désormais les visions d’Ethan — notamment celle du « lac aux sanglots » — à la structure même du piège. Reste à savoir si ces pouvoirs sont une clé vers la sortie ou simplement un nouveau niveau de cruauté permettant de contempler les tragédies passées sans pouvoir les modifier.

    From vs Lost : le mystère dévorera-t-il les personnages ?

    La comparaison avec Lost reste inévitable, mais elle révèle aujourd’hui une divergence fondamentale de philosophie narrative. Là où Lost utilisait les flashbacks pour humaniser ses naufragés et expliquer le présent par le passé, From s’y refuse obstinément. Elle utilise le présent pour nous enfermer dans un futur sans issue. Si cette approche renforce l’immersion et l’angoisse, elle crée une frustration grandissante. Certains critiques craignent que l’accumulation d’énigmes ésotériques (le lac aux sanglots, les visions lynchiennes de Jade, le mystère des corbeaux) n’occulte le développement humain. From lorgne du côté de Twin Peaks pour son atmosphère de mal cyclique, mais court le risque de rompre le contrat de confiance avec un spectateur saturé de questions sans réponses concrètes.

    L’effondrement de Boyd : un leader au bout du rouleau

    Le shérif Boyd Stevens incarne désormais l’érosion totale de l’autorité. La scène où il compte ses munitions avec Kenny est d’une tristesse absolue : la réalisation que les ressources s’épuisent alors que les menaces se multiplient illustre son impuissance technique et morale. La paranoïa monte encore d’un cran lorsque Victor et Jade découvrent un mystérieux pardessus jaune dans la forêt, un objet qui semble terrifier Victor au-delà des mots. Boyd ne contrôle plus rien, pas même sa propre perception, comme en témoigne la scène finale de l’épisode 3 où une main sort de la tombe de sa femme pour le saisir. Hallucination ou menace réelle, cet événement symbolise un leader que la terre même de cette ville tente d’engloutir, à bout de nerfs face à l’impossible.

    L’ombre de la saison 5

    Le renouvellement pour une cinquième et dernière saison apporte enfin un horizon à notre calvaire. L’enjeu est désormais vital : les habitants parviendront-ils à briser ce cycle de pactes et de morts avant que l’Homme en Jaune ne les pousse à l’autodestruction totale ? La tension entre l’horreur graphique et le mystère métaphysique n’a jamais été aussi insoutenable. From continue de nous hanter en posant la seule question qui compte vraiment : et si la véritable prison n’était pas la forêt, mais notre propre besoin de comprendre l’incompréhensible ?