À Hyères, en 2025, c’est un luminaire plein de glands de chêne qui a décroché le Grand Prix Design Parade. Son auteur, Simon Dupety, signe avec la série UFO – Unindustrial Functional Object un ovni lumineux où nature et technologie s’emmêlent joyeusement.Designer d’objets français, fondateur du studio simon+, il voit le design comme un terrain où formes, matières et assemblages doivent raconter quelque chose – pas seulement éclairer un salon.
Un profil bien ancré et l’œil dans les étoiles
Nîmois de naissance, né en 1997, Simon Dupety est diplômé de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Il vit et travaille aujourd’hui dans la capitale, où il développe luminaires et mobilier pour galeries, institutions et marques, toujours avec ce mélange très assumé d’artisanat et de culture industrielle.
Ce qui le passionne, ce sont les systèmes : comment une pièce tient debout, comment deux matériaux se rencontrent, comment un détail de fixation peut devenir le cœur du projet. Cette attention à l’ingénierie discrète se retrouve aussi bien dans ses lampes plus minimales que dans UFO, son projet le plus spectaculaire.
UFO : la lampe qui fait dialoguer forêt, LED et aluminium
Pour Design Parade Hyères 2025, Simon Dupety propose UFO – Unindustrial Functional Object, une famille de luminaires construits autour d’un trio étonnant : chêne, profilé d’aluminium et LED. Au centre du dispositif, on trouve les petites “coupes” qui coiffent les glands : les cupules de glands de chêne, récoltées en forêt puis traitées comme de véritables semi-produits.
Ces mini-abat-jour naturels accueillent une source lumineuse et se fixent sur des structures métalliques très rigoureuses. L’ensemble se décline en colonnes, rideaux, suspensions… Dans l’espace, on a l’impression d’une pluie de points lumineux, chaque LED nichée dans son fragment de nature.
Le projet ne se contente pas d’être joli : il pose une question très directe sur notre idée du progrès. Et si la haute technologie pouvait sacraliser le vivant au lieu de l’épuiser ? Ces luminaires sont pensés pour être produits en série, mais volontairement “non industrialisables” : la collecte des cupules, leurs variations, la part de geste manuel empêchent toute standardisation totale.
La science-fiction n’est jamais loin : le titre UFO convoque l’imaginaire de l’objet mystérieux, flottant entre mondes, à mi-chemin entre la clairière nocturne et le vaisseau spatial.
Un Grand Prix pour une alliance nature/technologie

Le jury de Design Parade Hyères, présidé par Jaime Hayon, lui attribue en 2025 le Grand Prix du jury pour cette lampe hybride où les glands de chêne deviennent de minuscules abat-jours plantés sur des mâts en aluminium. La presse souligne cette tentative de réconcilier industrie et nature à travers un objet du quotidien : un luminaire.
Cette récompense s’accompagne d’un faisceau d’opportunités : résidences dans des manufactures d’exception, exposition personnelle annoncée par la Villa Noailles, visibilité dans les médias spécialisés… De quoi prolonger la recherche engagée avec UFO, entre “systèmes sauvages”, production lente et imaginaire écologique.
Nature câblée, industrie apprivoisée
Ce qui rend UFO si attachant, c’est sa manière de ne jamais opposer brutalement bois et métal, forêt et LED. Les cupules conservent leur texture, leurs irrégularités ; l’aluminium garde sa froideur contrôlée ; la lumière vient coudre l’ensemble. Plutôt qu’un discours anxiogène, Simon Dupety propose des images :
- une colonne de lumière qui pourrait être un tronc futuriste,
- un réseau de fils comme une liane technologique,
- une nuée de petits soleils logés dans des fragments d’écorce.
On reste dans l’objet fonctionnel – ce sont bien des lampes – mais la dimension poétique prend le dessus. L’usager n’allume plus “juste” un plafonnier : il met en route un petit écosystème.
Un designer à suivre, entre futurisme doux et écologie joyeuse
En mariant glands de chêne, profils industriels et LED, Simon Dupety incarne une nouvelle génération de designers qui refusent de choisir entre innovation et attention au vivant. Son travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur des “systèmes sauvages” : des objets reproductibles, mais jamais totalement domptés, où la nature garde son mot à dire.
On a envie de voir jusqu’où iront ces expériences : d’autres essences de bois, d’autres composants électroniques, des scénarios lumineux encore plus immersifs… Une chose est sûre, à Hyères comme ailleurs, les glands n’ont pas fini de faire de l’ombre aux ampoules classiques.
Son site Internet : https://simondupety.com/


