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    The Brutalist : Le rêve américain en béton armé (Si vous avez 3h35 devant vous)

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    Si vous avez 3h35 devant vous et une patience à toute épreuve, préparez-vous : ce monument de béton est aussi impressionnant qu’interminable.

    🗃️ Fiche du film – The Brutalist

    Cliquez pour voir la fiche
    RéalisateurBrady Corbet
    DistributionAdrien Brody, Felicity Jones, Guy Pearce
    Durée3 heures 35 minutes
    Sortie France12 février 2025

    Synopsis : László Tóth, architecte juif hongrois rescapé de la Shoah, tente de reconstruire sa vie dans l’Amérique d’après-guerre. Sa rencontre avec un riche industriel va lui offrir l’opportunité de créer son œuvre ultime, au prix de sa propre liberté.

    Critique : La démesure au risque de l’épuisement

    Le troisième long-métrage de Brady Corbet est une bête cinématographique rare. Tourné en Vistavision, The Brutalist s’impose dès ses premières minutes comme une leçon de mise en scène. La photographie est d’une richesse texturale incroyable, capturant chaque pore de la pierre et chaque tourment de ses protagonistes avec une précision chirurgicale. On est face à un projet d’une ambition folle, qui rappelle la puissance dévastatrice des grandes fresques américaines à la Paul Thomas Anderson.

    Au cœur de cet édifice, Adrien Brody livre sa performance la plus magistrale depuis Le Pianiste. Son László Tóth est un mélange fascinant de fragilité et d’obstination. Corbet filme son ascension et sa chute avec un sens du sacré et de la violence qui force le respect. L’utilisation du son, alternant entre silences pesants et envolées symphoniques, finit d’immerger le spectateur dans cette odyssée architecturale et humaine.

    Toutefois, une question demeure : l’œuvre justifie-t-elle ses 3h35 ? Si l’ambition est louable, le film souffre d’un rythme parfois excessivement contemplatif. Corbet s’écoute par moments filmer, étirant ses séquences jusqu’à tester la résistance de nos lombaires. La narration, bien que solide, s’égare dans des méandres qui, s’ils sont visuellement sublimes, ralentissent une intrigue qui aurait gagné en impact avec un montage plus nerveux.

    Le dernier acte, chargé de symboles et de rebondissements, finit par alourdir une structure déjà massive. The Brutalist est un film qui s’admire plus qu’il ne se vit, une œuvre monumentale qui, à l’image des bâtiments qu’elle décrit, est aussi fascinante par son esthétique qu’oppressante par son gigantisme. C’est brillant, indéniablement, mais prévoyez un bon café : c’est un voyage dont on sort impressionné, mais surtout, très fatigué.