Créateur : Sterlin Harjo
Date de sortie : 23 septembre 2025
Acteurs principaux : Ethan Hawke (Lee Raybon), Ryan Kiera Armstrong, Keith David, Kyle MacLachlan
Dès les premières minutes, The Lowdown impose un ton unique : celui d’un journalisme gonzo revisité à la sauce Tulsa, entre enquête sociale, comédie noire et surréalisme assumé. Sterlin Harjo, déjà auteur de Reservation Dogs, signe ici une série qui refuse les cases, mêlant l’énergie chaotique d’Atlanta à l’humour absurde de Twin Peaks, avec une pointe de réalisme magique. Ethan Hawke incarne Lee Raybon, un journaliste autoproclamé « truthstorian » (historien de la vérité), obsédé par l’idée de révéler les mensonges d’une ville où corruption, pouvoir et folklore local s’entremêlent. Le résultat est une œuvre déroutante, drôle, parfois violente, mais toujours profondément humaine.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’audace narrative. The Lowdown ne suit aucune règle préétablie : les épisodes enchaînent scènes d’enquête, moments familiaux, digressions absurdes et éclats de violence sans transition. Lee Raybon, personnage borderline et attachant, agit comme un électron libre, et la série épouse ce rythme désordonné avec une aisance rare. Les dialogues sont ciselés, l’humour grinçant, et les seconds rôles (notamment Kyle MacLachlan et Keith David) apportent une profondeur inattendue à ce qui pourrait n’être qu’un simple polar décalé.
Pourtant, la série n’est pas exempte de défauts. Certains arcs narratifs peinent à trouver leur cohérence, et le mélange des genres peut déstabiliser ceux qui cherchent une intrigue linéaire. Mais c’est justement cette liberté qui rend The Lowdown si captivante. Harjo et Hawke ne cherchent pas à plaire à tout prix : ils assument un style hybride, entre satire politique, chronique sociale et fable moderne. La ville de Tulsa devient un personnage à part entière, filmée avec ses diners qui ne ferment jamais, ses quartiers populaires et ses secrets inavouables.
En définitive, The Lowdown est une série qui se savoure pour son ambiance, son audace et son refus des conventions. Elle ne ressemble à rien d’autre, et c’est bien là sa force.


